Décroissance soutenable

Il y a un siècle, Max Weber, dans « L’éthique protestante et l’Esprit du Capitalisme » formulait une conclusion qui peut se résumer ainsi : Du dix-neuvième siècle, émergea une idéologie qui contribua à construire le puissant ordre économique moderne, tributaire des conditions techniques et économiques de la production mécanique et machinisée, dont les contraintes écrasantes déterminent (…) le style de vie de tous les individus nés dans ses rouages (…) et le détermineront peut-être jusqu’à ce que le dernier quintal de carburant fossile soit consumé.

Lorsque dans les années 70, le « Club de Rome » lançait les premiers signaux d’alerte relatifs à l’épuisement des ressources d’énergie fossile, le « monde civilisé » se rassurait après chaque découverte de nouveaux gisements de pétrole et de gaz.
Aujourd’hui, l’ensemble des secteurs économiques mondiaux repose sur des ressources dont la production devient inférieure à la demande.
Nos modes de vie et de consommation, nos mentalités forgés « par une idéologie si puissante » et la structuration de l’espace qui en résulte, freinent, hélas, un indispensable changement de cap.

Si nous ne réagissons pas, les guerres écologiques vont s’accentuer; les dirigeants et les peuples des états puissants trouveront toujours des raisons pour s’approprier les dernières ressources des « peuples barbares »; le terrorisme constituant à lui seul un argument imparable !
Une ère se termine. Il est grand temps d’en prendre conscience en économisant les dernières ressources non renouvelables. Oeuvrons pour une décroissance soutenable.

Dominique Jourdan – Vincent Gazeilles
Tribune. juin 2004

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