Nos bébés valent mieux que leurs économies

N’en déplaise aux amis d’Emmanuel Macron, c’est bien la logique libérale qui préside aux destinées de l’Union européenne qui tue à petit feu l’idée d’Europe. L’un des enjeux de la campagne qui s’ouvre est de le faire comprendre. Si tout est marchandise, si le profit est la mesure de toute chose, si l’économie est la jauge de toute politique, alors nécessairement les questions de l’intérêt général et du bien-être collectif se trouvent reléguées au second plan. Comment s’étonner dès lors que les citoyennes et les citoyens accusent l’Europe de tous les maux ? N’a-t-on pas vu la Grèce mise à genoux par ses créanciers alors même qu’elle venait de choisir démocratiquement une orientation politique qui tournait le dos au libéralisme ?

Les choses ne sont pas si simples. A celles et ceux qui seraient de tentés de jeter l’Europe avec l’eau du bain libéral et d’accuser les seuls traités européens d’être la cause de nos malheurs, la question des fermetures de maternités en France apporte un démenti flagrant. C’est bien l’aveuglement de notre propre gouvernement et les choix politiques effectués dans le cadre national qui rompent l’égalité devant l’accouchement en fermant des maternités.

Nul traité européen n’impose à l’Etat français de fermer des maternités sur son territoire. Pourtant les chiffres sont implacables: la France a perdu 40% de ses maternités en vingt ans, 13% des femmes françaises vivent dans un désert obstétrique, c’est-à-dire qu’elles n’ont accès, à proximité, ni à une maternité, ni à une sage-femme. Le nombre de femmes qui vivent à plus de 45 minutes d’une maternité à doublé dans les vingt dernières années. En tout, 3,7 millions de femmes résident à plus de trente minutes d’une maternité.

Petite leçon de choses pour revenir aux fondamentaux et rappeler aux génies de la comptabilité publique qui ont piloté une telle évolution au nom de la rationalisation budgétaire une ou deux notions de bases : chaque grossesse est différente. Certaines se passent sans accrocs, certaines nécessitent un suivi particulier. Pour autant, toutes les femmes ont le même droit à accoucher dans les meilleures conditions sanitaires. Tous les parents ont le même droit à se préparer à l’accouchement dans la sérénité. La contingence géographique ou sociale de devrait pas déterminer la possibilité pour chacun et chacune de bénéficier d’un accueil dans une maternité de qualité. Si la République ne fait pas de distinction entre ses enfants, alors elle ne devrait pas davantage en faire parmi ses enfants à naître.

« Nous nous tenons au côté des maternités en lutte qui refusent de passer à la moulinette libérale »

Pourquoi dès lors une telle indifférence devant les menaces de fermeture qui pèsent sur les petites maternités souvent dans des régions ou les services publics sont déjà en berne? Fermer une maternité, c’est souvent accentuer la fracture territoriale révélée par le mouvement des gilets jaunes, fracture que les écologistes combattent depuis toujours. Ce que disent les fermetures de maternité, c’est que la métropolisation du monde et l’économie libérale portent en elles la destruction des solidarités élémentaires au sein des territoires. Aussi, nous nous tenons au côté des maternités en lutte qui refusent de passer à la moulinette libérale et demandent à poursuivre leur activité. Leur combat est de salubrité publique. Nous entendons les sages-femmes, et nous nous faisons les relais solidaires des personnels soignants qui disent leur ras le bol. Au delà de la question des seules maternités, ô combien essentielle, la fracture sanitaire est un spectre qui hante notre pays, et le continent tout entier. Pour nous, il ne saurait y avoir une France qui a le droit de se soigner et une France qui a le droit de voir ses pathologies s’accentuer. Le discours des écologistes ne varie pas : chaque territoire a sa dignité et doit pouvoir s’appuyer sur une offre de services de santé conséquente.

Ce qui est ici en cause c’est l’arbitrage rendu entre préoccupations budgétaires et santé publique. Nous n’accusons pas le gouvernement actuel d’être l’unique responsable de la dérive présente. Mais nous l’enjoignons à changer de logique, et à mettre davantage d’humanité dans ses tableurs. Tout n’est pas à vendre. Protéger l’environnement et les infrastructures qui nous permettent de vivre est une priorité.

Pour l’affirmer avec force par un bulletin de vote vert, rendez-vous en mai.

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