L’école à la maison

Le président Macron a décidé d’interdire l’instruction à la maison lors de son intervention le vendredi 2 octobre aux Mureaux, sauf exception, à partir de la rentrée prochaine.

L’école à la maison concerne 0,5 % des enfants en âge d’être scolarisés. Parmi ces enfants, le Ministère de l’Education estime que seuls un tiers le font pour des raisons confessionnelles diverses, la majorité le faisant pour des motifs pédagogiques ou médicaux.

Sous prétexte de « sécurité nationale », le Président de la République a remis en cause, ce vendredi 2 octobre, la liberté offerte aux familles pour l’éducation de leurs enfants. C’est oublier qu’un nombre important d’élèves se trouvent en souffrance dans le système éducatif, qui a, par manque de moyens et de souplesse, du mal à assurer une scolarité sereine à tou.tes et particulièrement aux enfants à besoins spécifiques. Ne voir dans l’instruction à domicile qu’une façon de créer du « séparatisme » ne correspond pas à la réalité de nombreuses familles qui font ce choix.

L’Etat dispose déjà de tous les moyens nécessaires, avec l’aide des collectivités territoriales et des services de l’Education Nationale, pour prévenir toute dérive de la liberté d’instruction à domicile, mais il manque actuellement la volonté d’appliquer réellement les textes en vigueur. C’est pourtant la voie qu’il faudrait emprunter, plutôt que de mettre l’Education Nationale en demeure d’accueillir d’ici un an 50 000 enfants supplémentaires dans un système déjà asphyxié par des classes surchargées, alors même qu’elle n’est toujours pas en capacité d’accueillir correctement tous les enfants en situation de handicap.

Il est évidemment possible, et souhaitable, de renforcer la réglementation concernant l’école à la maison et les écoles hors contrat, notamment en termes de formation et de cadre pédagogique. Car l’expérience du confinement l’a montré : enseigner est un métier qui nécessite des compétences et le lien social est indispensable à la réussite scolaire.

C’est pourquoi EELV défend une école publique, gratuite, laïque et inclusive. Mais nous défendons aussi la liberté de choix des familles, car la construction d’un projet éducatif républicain passe par la rénovation et l’ouverture de notre système éducatif plutôt que par les interdits. Une école réellement épanouissante, grâce à une baisse des effectifs, des locaux adaptés, un encadrement formé et accompagné, en qui les parents ont confiance, rendrait d’ailleurs caduque la plupart des scolarisations alternatives.

Eva Sas et Alain Coulombel, porte-paroles
La commission Enfance – Education – Formation d’EELV

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