Corinne Bernard, adjointe aux cultures à Grenoble

Grenoble a choisi d’avoir une adjointe aux cultures car la culture est multiple. Corinne Bernard raconte comment elle a agi pour rendre les décisions en matière culturelle démocratiques. Elle explique également les difficultés posées par la baisse des dotations de l’État et leur impact sur les bibliothèques grenobloises.

Remarquez au passage la description d’un mode de gouvernance, consensuel et transparent, qui nous change bien de ce que nous connaissons aujourd’hui à Clamart.

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« Il n’y a pas de compromis possibles avec le capitalisme » – Entretien avec David Cormand

David Cormand est secrétaire national d’Europe Écologie les Verts. Il est l’un des nouveaux députés européens du parti qui a créé la surprise le 26 mai dernier. Alors que l’écologie s’installe durablement dans l’agenda politique et médiatique, EELV s’impose comme une force importante Elle revient en force après la débandade de 2017 et le ralliement malheureux à Benoit Hamon. Cette percée est-elle durable ? La formation peut-elle pousser au-delà de sa base sociologique actuelle ? Entretien l’un des hommes clefs de l’écologie politique en France.

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Radioactivité dans l’eau du robinet: à quels risques nous expose l’industrie nucléaire ?

L’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest (ACRO), association normande agréée de protection de l’environnement, a dévoilé une carte des contaminations radioactives de l’eau potables. Les données utilisées sont toutes issues des mesures du ministère de la santé. La carte indique les communes distribuant de l’eau potable contaminée au tritium, un phénomène qui concerne 122 communes d’Île-de-France.

Ce données sont bien connues de l’Etat, mais les citoyennes et les citoyens ignorent que l’eau qui sort de leur robinet est contaminée. Comme pour l’ensemble des enjeux liés au nucléaire, les experts gèrent les risques et les pollutions en silence. La carte publiée par l’ACRO a le mérite de montrer qu’en cas d’accident, la radioactivité se diffusera en grande partie par l’eau potable, dans les zones identifiées. Et il est fort probable que, comme les expériences de Tchernobyl et Fukushima le montrent, les autorités décident de relever artificiellement les seuils de toxicité plutôt que de protéger les populations. Aujourd’hui les autorités n’agissent qu’en cas de relevé supérieur à 100Bql/L, il faut abaisser ce seuil à 10Bq/L.

“Encore une fois, nous sommes confronté-es aux conséquences que fait peser sur chacune et chacun d’entre nous le choix d’une production électrique nucléaire. Même l’eau du robinet est radioactive! dénonce Annie Lahmer conseillère régionale Île-de-France, membre du groupe Alternative Écologiste et Sociale. Dans le fonctionnement normal de la centrale de Nogent-sur-Seine, on accepte que 4 millions de Franciliennes et Franciliens boivent une eau contaminée. Qu’en sera-t-il le jour où un incident d’ampleur s’y produit? Faudra-t-il approvisionner l’ensemble de l’Île-de-France avec des citernes?”

La production électrique par le nucléaire est coûteuse, dangereuse, polluante. Les Franciliennes et les Franciliens méritent de connaître les véritables enjeux qu’impliquent le maintien ou le renouvellement du parc existant. Il faut plus de transparence. La sortie du nucléaire est nécessaire. Elle est possible, comme le montrent les travaux du collectif Négawatt, à condition d’engager une réelle transition énergétique basée sur la réduction de la consommation, l’accroissement de l’efficacité énergétique et l’usage des énergies renouvelables. Par ailleurs, les conséquences d’une consommation régulière de tritium via l’eau potable ne sont pas connues, il est impératif de mener des études épidémiologiques concernant l’exposition des populations aux faibles doses.

Groupe Alternative Écologiste et Sociale

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A Nantes, le drame aurait pu être évité

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Anne Mikolajczak, adjointe chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes à Lille

Anne Mikolajczak nous explique ses actions et notamment l’organisation de marches de femmes dans les quartiers ANRU pour améliorer l’espace public. Associer les habitant-es à la fabrique de la ville, les élu-es écologistes sont en pointe dans ce domaine !

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Sécheresse : un plan d’urgence qui n’anticipe pas les vrais enjeux

Le plan de sauvegarde proposé par le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, s’il permet d’apporter une nécessaire aide d’urgence aux agriculteurs, manque de perspective. En se limitant à des mesures d’urgence, il oublie le principal : anticiper sur les changements à venir. Pour les écologistes il est urgent, face au réchauffement climatique, de changer en profondeur notre modèle agricole.

Comme chaque année, les mesures annoncées sont les mêmes et n’ont pour seul objectif que de traiter en urgence les difficultés. Ces mesures se comprennent face à des agriculteurs qui se retrouvent « coincés » par des systèmes de production structurellement trop coûteux et spécialisés pour encaisser les aléas climatiques. Ces mesures d’urgence, trop prévisibles, s’assortissent d’une insistance nouvelle : les retenues d’irrigation, revendication récurrente de la FNSEA qui prive la population de ce bien commun qu’est l’eau dans une période où tout le monde en a particulièrement besoin. Ou comment ne jamais remettre en cause notre modèle agricole et se bercer de l’illusion que l’on pourra puiser ou capter indéfiniment les ressources naturelles (pluies, rivières, nappes phréatiques) sans conséquences.

Nous appelons les responsables politiques à prendre la mesure de l’urgence à agir réellement pour la transition agroécologique qui seule ouvre des perspectives durables à moyen terme. Pour cela il est urgent d’agir sur quatre volets.

Il s’agit tout d’abord de mettre en place un appui franc et massif au déploiement de l’agriculture biologique, qui passe par l’abandon total des pesticides et engrais de synthèse, grands pourvoyeurs de gaz à effet de serre et destructeurs de la biodiversité et de la qualité de l’eau.

Il s’agit ensuite d’implanter massivement haies et infrastructures écologiques, corridors de biodiversité, agroforesterie, maintien des prairies… Ces solutions favorisent la résilience de nos cultures alimentaires et le bien-être des animaux en leur offrant des espaces ombragés et rafraîchis. Une nécessité qui s’impose pour toute la population, particulièrement en ces temps de canicules historiques et répétées.

Il s’agit également de développer des variétés locales et endémiques, adaptées au climat du territoire et sélectionnées par les paysan·nes, pour nourrir notre population et non pour favoriser l’export. A l’opposé de l’exemple de la maïsiculture intensive, qui nécessite des arrosages permanents en période de sécheresse. La PAC, outil de cette course à l’hectare et à l’exporte, doit changer.

Enfin, il s’agit d’abandonner urgemment tout projet de nouvelles retenues d’eau, et de penser la répartition de l’accès à l’eau pour toutes et tous. Que se passera-t-il le jour où ces retenues ne pourront plus être remplies faute de ressources suffisantes dans les nappes ou les rivières ? Il faudra alors remobiliser le n+1ème plan d’urgence, et ce de plus en plus fréquemment.

Tous les enjeux actuels sont intimement liés et se cristallisent aujourd’hui au travers des épisodes de sécheresse : santé publique liée aux pesticides, effondrement de la biodiversité, dégradation des sols, changement climatique avec ses canicules et ses tempêtes, crises sanitaires agroalimentaires à répétition, inondations lors des pluies torrentielles…

Plutôt que de subventionner avec de l’argent public un système agricole productiviste qui encourage le gaspillage des ressources naturelles, il est de la responsabilité de l’État de mettre les bouchées doubles pour développer une agriculture écologique contribuant à l’atténuation et à l’adaptation au réchauffement climatique. Il s’agit là de la seule voie pour à la fois aider les paysan-es, créer des emplois et respecter les limites planétaires : qu’attend le gouvernement pour passer enfin des discours aux actes ?

Commission agriculture EELV,
Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole

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