CANFIN WASHING

Ne faisons pas semblant. L’arrivée de Pascal Canfin sur la liste LREM est une nouvelle qui laisse un goût de cendre dans la bouche de celles et ceux pour qui le mot écologie signifie quelque chose. Laissons de côté les explications misérables : nous ne voulons pas penser qu’il s’agit ici du sacrifice d’une ambition collective au profit de la volonté d’un seul, même si les apparences jouent contre l’ancien directeur général du WWF.

Pascal Canfin est-il honnête ? Par le passé il le fut et rien ne nous permet de dire qu’il a quitté les rivages de la sincérité pour naviguer en eaux troubles. Nous ne sommes pas juges des mouvements de l’âme et ne pouvons ici délivrer ni un certificat de vertu, ni un passeport pour l’opprobre. Notre problème n’est ni l’amitié trahie, ni la confiance blessée, mais bel et bien la cohérence déchue. Les arguments avancés par le néo-macroniste ne font pas sens et ne résistent pas à un examen sérieux. Ne cherchez ici nulle trace d’une ligne claire ou d’un positionnement solide : le chemin du renoncement emprunté par notre ancien camarade est pavé de balivernes.

Son premier argument consiste à affirmer qu’étant candidat à une fonction européenne et non à une fonction nationale il ne serait pas solidaire du bilan écologiste du président Macron. Mais qui peut croire que l’horizon européen et la politique française sont disjoints ? On peut donc être contre le glyphosate à Bruxelles et y demeurer favorable à Paris ? La réponse tutoie l’évidence, et on n’insultera pas l’intelligence de nos lectrices et de nos lecteurs en feignant de prendre cette affirmation au sérieux.

Mais le second argument est plus surprenant encore : c’est parce que la société serait prête désormais pour l’écologie que Canfin rallie LREM. Pour résumer, c’est au nom du succès des marches climat et de la pétition l’Affaire du siècle que des écologistes pourraient soutenir la liste LREM. Il faudrait donc embrasser ceux qu’il faut bousculer, absoudre l’inaction coupable, rejoindre les bataillons de l’immobilisme qu’il faut combattre. Là encore, on nous concédera que la démonstration n’est guère probante.

Enfin, voici venir le troisième temps de l’argumentation. Au mépris des règles les plus élémentaires de l’arithmétique, Pascal Canfin essaye de faire passer une division pour une multiplication. Alors qu’il divise de fait les écologistes et fractionne notre impact électoral il affirme vouloir ainsi multiplier les élus verts au Parlement européen. Ici on franchit allègrement le Rubicon qui sépare la mauvaise foi du mensonge.

Une fois écartés les faux semblants, il faut dévoiler les véritables ressorts du jeu de dupes qui voit Macron et Canfin s’allier. Emmanuel Macron veut affaiblir les écologistes à tout prix. Depuis le départ de Nicolas Hulot de son équipe gouvernementale, l’écologie constitue la preuve de son échec. Il tente donc une opération de green-washing dont Pascal Canfin n’est pas seulement le complice, mais l’acteur principal, d’autant plus prompt à déclarer que le nouveau cap choisi est vert, qu’il lui faut justifier l’injustifiable.

« Participer à une opération de démolition de l’écologie est sinistre »

A la vérité, Pascal Canfin ne croit plus dans la possibilité de faire émerger une force politique écologiste puissante, capable de présider aux destinées du pays. Il croit davantage dans sa capacité personnelle à influencer le cours des choses. Flatté par l’insistance présidentielle, il imagine que son astre va briller durablement au firmament du macronisme. Nous lui prédisons un destin de météore. Ses qualités personnelles ne sont pas en cause. Mais l’indigence de son analyse condamne son pari à l’échec. Préférer une trajectoire individuelle à la construction collective n’est pas seulement un péché d’orgueil, mais également une faute politique lourde. Sans parti, l’écologie ne pèsera pas. Se prêter à l’opération de démolition de l’écologie politique lancée par LREM est donc sinistre. Hier, il y a mille ans, Pascal Canfin plaidait pour mettre le climat dans la Constitution. Aujourd’hui, il le met dans la poche de la veste qu’il semble retourner sans vergogne. Mais demain est un autre jour.

Pour l’écologie, ne vous trompez pas de chemin, ni de bulletin.

Rendez-vous en mai…

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Pourquoi pas le Mozambique ?

France inter, 7h50 ce matin. Yannick Jadot est l’invité de la matinale. Pensez-vous qu’on lui parle du climat, du Brexit, ou encore de la directive droit d’auteur ? Que nenni. On lui parle de Pascal Canfin, fraîchement intronisé numéro deux sur la liste LREM pour les élections européennes. Alors monsieur Jadot, vous voilà bien dans l’embarras maintenant que votre ancien collègue est passé avec armes et bagages chez Macron. Vous faites moins le malin. Et d’abord l’écologie elle est partout maintenant non ? Toute la jubilation de la journaliste pointe à chaque relance. Elle rêve de coincer Yannick Jadot, de débusquer ses faiblesses, de montrer à quel point sa campagne est dans l’impasse. Son grand sujet c’est la stratégie. Nous sommes le lendemain de la présentation du programme des écologistes pour les élections européennes mais elle ne posera qu’une question de fond : la banque pour le climat de Macron et votre plan d’investissement de 100 milliards par ans c’est la même chose non ? Donc LREM et EELV c’est bonnet blanc et blanc bonnet non ? Et donc ça ne sert à rien de voter pour vous au fond. Elle n’a pas dit ça me direz-vous. Elle l’a pensé si fort que les micros s’en souviennent.

Dans une question, le non prononcé est au moins aussi important que le prononcé. Non dire c’est déjà dire. Dire un ordre du monde, une hiérarchie des faits, une nomenclature de l’importance. Et visiblement, Yannick Jadot, aux yeux de la journaliste qui l’interroge n’est pas un important mais un importun. Il tentera vaillamment, tout au long de l’échange d’attirer la journaliste sur des sujets de fond. Mais la messe était dite avant que l’interview ne démarre : ce qui compte ce matin, c’est la belle prise de guerre des macronistes qui disposeront d’ailleurs d’un long temps d’antenne. Nous ne contestons pas que la prise de position de Pascal Canfin soit un fait de campagne notable. Nous y reviendrons d’ailleurs en détail demain pour répondre sur le fond aux arguments indigents avancés par notre ancien camarade. Mais puisque nous maîtrisons les sujets que nous mettons à l’ordre du jour de cette newsletter nous souhaitons parler du climat et des catastrophes causées par sa dégradation accélérée. Nous voulons dire un mot du Mozambique et du cyclone Idai qui a frappé ce pays ainsi que le Malawi et le Zimbabwe.

Quel rapport avec le début de cette chronique ? Tout. La catastrophe en cours ne suffit pas à modifier les us et coutumes des médias et leur manière de considérer l’importance des sujets et les questions réellement essentielles. L’écologiste Yannick Jadot a subi la dictature du non-dit. Le Mozambique lui, subit la dictature du hors-champ. Le Mozambique n’est pas digne d’intérêt, pas susceptible de retenir notre attention. Trop loin. Trop pauvre. Trop tropical. Frappé d’invisibilité, le pays souffre en silence et panse difficilement ses plaies. Si l’injustice climatique existe, l’injustice médiatique la redouble. Surtout lorsque les victimes des catastrophes ont la peau brune. La vie des Africains compte pourtant, non ? Peut être. Ce matin sur France inter, on n’a pas parlé du programme de Yannick Jadot pour sauver le climat. Et on n’a pas davantage parlé du Mozambique. Le programme des écolos et les catastrophes climatiques africaines étaient logés à la même enseigne, rangés au rayons des sujets jugés peu dignes d’intérêt. Gageons que les citoyennes et les citoyens qui écoutaient la matinale auraient aimé entendre parler de l’un et de l’autre. Et demandons aux membres de la liste des écologistes de tenir bon et de refuser de céder à l’injonction qui leur est faite de ne parler que de tactique et jamais des sujets qui structurent l’avenir de la planète. La campagne ne fait que commencer. A un moment ou un autre on séparera l’écume des jours de la profondeur des choses. Un jour ou l’autre on parlera programme. Et peut être même du Mozambique.

Rendez-vous en mai…

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Nos bébés valent mieux que leurs économies

N’en déplaise aux amis d’Emmanuel Macron, c’est bien la logique libérale qui préside aux destinées de l’Union européenne qui tue à petit feu l’idée d’Europe. L’un des enjeux de la campagne qui s’ouvre est de le faire comprendre. Si tout est marchandise, si le profit est la mesure de toute chose, si l’économie est la jauge de toute politique, alors nécessairement les questions de l’intérêt général et du bien-être collectif se trouvent reléguées au second plan. Comment s’étonner dès lors que les citoyennes et les citoyens accusent l’Europe de tous les maux ? N’a-t-on pas vu la Grèce mise à genoux par ses créanciers alors même qu’elle venait de choisir démocratiquement une orientation politique qui tournait le dos au libéralisme ?

Les choses ne sont pas si simples. A celles et ceux qui seraient de tentés de jeter l’Europe avec l’eau du bain libéral et d’accuser les seuls traités européens d’être la cause de nos malheurs, la question des fermetures de maternités en France apporte un démenti flagrant. C’est bien l’aveuglement de notre propre gouvernement et les choix politiques effectués dans le cadre national qui rompent l’égalité devant l’accouchement en fermant des maternités.

Nul traité européen n’impose à l’Etat français de fermer des maternités sur son territoire. Pourtant les chiffres sont implacables: la France a perdu 40% de ses maternités en vingt ans, 13% des femmes françaises vivent dans un désert obstétrique, c’est-à-dire qu’elles n’ont accès, à proximité, ni à une maternité, ni à une sage-femme. Le nombre de femmes qui vivent à plus de 45 minutes d’une maternité à doublé dans les vingt dernières années. En tout, 3,7 millions de femmes résident à plus de trente minutes d’une maternité.

Petite leçon de choses pour revenir aux fondamentaux et rappeler aux génies de la comptabilité publique qui ont piloté une telle évolution au nom de la rationalisation budgétaire une ou deux notions de bases : chaque grossesse est différente. Certaines se passent sans accrocs, certaines nécessitent un suivi particulier. Pour autant, toutes les femmes ont le même droit à accoucher dans les meilleures conditions sanitaires. Tous les parents ont le même droit à se préparer à l’accouchement dans la sérénité. La contingence géographique ou sociale de devrait pas déterminer la possibilité pour chacun et chacune de bénéficier d’un accueil dans une maternité de qualité. Si la République ne fait pas de distinction entre ses enfants, alors elle ne devrait pas davantage en faire parmi ses enfants à naître.

« Nous nous tenons au côté des maternités en lutte qui refusent de passer à la moulinette libérale »

Pourquoi dès lors une telle indifférence devant les menaces de fermeture qui pèsent sur les petites maternités souvent dans des régions ou les services publics sont déjà en berne? Fermer une maternité, c’est souvent accentuer la fracture territoriale révélée par le mouvement des gilets jaunes, fracture que les écologistes combattent depuis toujours. Ce que disent les fermetures de maternité, c’est que la métropolisation du monde et l’économie libérale portent en elles la destruction des solidarités élémentaires au sein des territoires. Aussi, nous nous tenons au côté des maternités en lutte qui refusent de passer à la moulinette libérale et demandent à poursuivre leur activité. Leur combat est de salubrité publique. Nous entendons les sages-femmes, et nous nous faisons les relais solidaires des personnels soignants qui disent leur ras le bol. Au delà de la question des seules maternités, ô combien essentielle, la fracture sanitaire est un spectre qui hante notre pays, et le continent tout entier. Pour nous, il ne saurait y avoir une France qui a le droit de se soigner et une France qui a le droit de voir ses pathologies s’accentuer. Le discours des écologistes ne varie pas : chaque territoire a sa dignité et doit pouvoir s’appuyer sur une offre de services de santé conséquente.

Ce qui est ici en cause c’est l’arbitrage rendu entre préoccupations budgétaires et santé publique. Nous n’accusons pas le gouvernement actuel d’être l’unique responsable de la dérive présente. Mais nous l’enjoignons à changer de logique, et à mettre davantage d’humanité dans ses tableurs. Tout n’est pas à vendre. Protéger l’environnement et les infrastructures qui nous permettent de vivre est une priorité.

Pour l’affirmer avec force par un bulletin de vote vert, rendez-vous en mai.

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C comme Chlordécone

Le pesticide, déversé abondamment en Martinique et en Guadeloupe, sera au cœur du déplacement de Yannick Jadot et de Michèle Rivasi dans les Antilles françaises. Utilisé sur les bananeraies, le chlordécone est considéré comme le très probable responsable du taux record de cancers de la prostate dans ces deux îles… n’en déplaise à Emmanuel Macron qui a expliqué sans sourciller et malgré des publications scientifiques non démenties à ce jour- aux élus locaux qu’il n’était « pas cancérigène ».

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Monique Cosson, Conseillère Régionale En Auvergne-Rhône-Alpes

Monique Cosson est conseillère régionale d’opposition dans une région dirigée d’une main de fer par Laurent Wauquiez. Pourtant, son groupe, le Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire, Elu.es RCES – Région Auvergne Rhône Alpes, arrive à faire avancer les choses, en étant présent, en travaillant, en étant constructif et en utilisant les moyens légaux à sa disposition. Elle raconte.

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Les jeunes appellent à poursuivre la grève pour le climat

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